24 février 2015 - mamou

RDC: festival Amani, un symbole de paix pour la population de Goma

Festival Amani

Festival Amani

La deuxième édition du festival Amani s’est tenue dans la ville de Goma du 13 au 15 février 2015. Ce festival de trois jours  s’est passé dans une ambiance des chants et de la danse  et a réuni  une diversité des personnes venues des plusieurs coins et la participation des grandes chaines médiatiques internationales dont la RFI, France 24…

Par cette grande occasion, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec le Directeur de cette 2eme édition du festival Amani, Mr Vianney Bisimwa, un jeune homme très dynamique et activiste de la paix qui a accepté de répondre aux questions concernant le festival Amani, un festival qui a été je dois l’avouer un vrai succès .

Mamou : Mr Vianney, Cette année vous êtes Directeur du festival Amani édition 2, parlez-nous un peu du festival Amani. C’est quoi le festival Amani pour ceux qui n’en savent rien?

Mr Vianney : Le festival Amani est une initiative du Foyer culturel de Goma qui a un double but :

1. de rassembler les peuples de la région des grands Lacs pour de la danse et du chant pour promouvoir le « vivre ensemble » et la paix,

2. de tourner les regards du monde vers la ville de Goma et l’Est de la RDC, non seulement comme une zone en guerre et meurtri mais surtout comme une région où les aspirations pour la paix et le développement s’expriment au travers le chant de la danse.

La première édition s’est tenue en février 2014 après un report à cause justement de l’insécurité. Lorsque les jeunes ont initié cette idée, c’était fou, et pas possible à imaginer. Grâce au soutien et à l’appui d’un homme d’affaire et philanthrope Belge qui en est le promoteur et grâce à une vingtaine des leaders qui dirigent les commissions et à des centaines des volontaires le festival est devenu un rendez-vous important et privilégié pour des dizaines des milliers des personnes venues de partout dans le monde.

Mamou : Quel a été le thème choisi cette année pour le festival et pourquoi l’avoir choisi ?

Mr Vianney : Nous avons gardé le même thème que celui de l’année passée : « Danser pour changer et chanter pour la paix ». Nous avons maintenu ce thème par ce que la force du foyer culturel de Goma c’est la danse et le chant. Les jeunes du foyer apportent ainsi donc leur pierre (danse et chant) pour le changement et la paix en RDC et dans la région de grands-lacs. Vous savez, pour construire une RDC, paisible et prospère chacun doit apporter sa contribution et payer son prix. La danse et le chant ont un grand pouvoir de rassemblement et de communication. Le foyer culturel lui veut inviter les peuples au travers la danse et le chant à s’engager pour le changement et pour la paix dans leurs milieux.

Mamou : Pourquoi avoir choisi la ville de Goma comme lieu de production de ce Festival ?

Mr Vianney : Nous avons choisi la ville de Goma pour plusieurs raisons :

1. Le siège du foyer culturel se trouve à Goma, en terme logistique et d’organisation, le foyer à plus d’assise à Goma.

2. Goma est très connu à cause des guerres et des rebellions. C’est tout un symbole pour nous de décider de faire le festival à Goma. Nous voulons que cette ville soit connue comme un havre de paix et une ville de rassemblement et du « vivre ensemble ».

Mamou : A travers le festival Amani, Il ya t-il un message clé que vous adressez à la population congolaise en général et particulièrement celle de l’Est du pays par rapport à la situation sécuritaire et politique instable dans cette partie ?

Nous devons nous rassembler davantage, beaucoup plus en ce moment où nous sommes à la croisée de chemin. Nous voulons tous le changement, est comme Tiken a chanté « Soyons prêts à payer le prix ». Ne baissons pas les bras. Que chacun là où il est marque la différence et fasse briller sa lumière. Notre vocation n’est pas d’être un pays et une région prospère et puissante, nous en avons le potentiel et la capacité.

Mamou : Avez-vous un message particulier de paix à adresser à ces personnes de l’Est du pays qui ont perdu tout espoir de Paix ?

Voici mon message pour vous : « Je vous comprends. Il est difficile de garder espoir après plus de 20 ans de peur, de violence et de misère. Je vous comprends, vous avez perdu de personnes chères, des biens et des opportunités. C’est normal que l’espoir s’envole. Mais nous savons tous que cette situation doit changer. Peut-être pas pour nous, mais pour les générations après nous. Alors nous devons être un peu plus que normaux, nous devons être plus forts que la moyenne, plus courageux que d’ordinaire. Tirons les leçons de notre passé et présent et construisons ensemble un autre avenir. C’est très difficile je sais mais c’est cela ou périr et laisser périr des générations. Alors prends courage et relèves-toi. Saches que tu n’es pas seul. Connectes-toi aux autres, réchauffes ton bois auprès de ceux des autres et fait revivre la flamme de ton espoir. Pour toi et pour nous tous. Ensemble, nous y arriverons, quel que soit le prix à payer.»

Dans la même ambiance Mr Arsene Tungali un jeune entrepreneur social et fondateur de Rudi International qui a ecrit les 5 raisons pour repporter le festival Amani ,qui a participé à cette 2eme édition a accepté de nous donner aussi ses impressions par rapport au festival Amani dont voici :

Mamou : Mr Arsene quelles sont vos impressions vis a vis du Festival Amani ?

Arsène : Je suis heureux d’avoir pris part à ce festival. Pour une deuxième édition, je dois dire qu’il a été une réussite. L’organisation était impeccable, sécurité bien assurée et je ne crois pas qu’il y ait eu un incident malheureux majeur à signaler. Je me suis réjoui de découvrir Habib Koité et Tiken Jafakoli, des artistes que je n’avais pas encore rencontrés ou vus sur scène. Mon organisation, Rudi International, faisait partie du Village Humanitaire et cela a été une bonne opportunité d’interagir avec le public, mais également d’apprendre sur le travail des autres organisations. J’ai été satisfait de ma participation durant les 3 journées. Bien sûr, quelques pépins d’ordre organisationnel qui peuvent arriver à toute organisation. Des choses qu’ils arriveront à régler avec l’expérience.

Mamou : Etant la 2eme édition du festival Amani, selon- vous, pensez-vous que ce dernier (Festival Amani) a un impact quelconque sur la population du Nord-Kivu en général et celle de Goma en particulier ?

Mr Arsène : L’on ne doit pas espérer en des résultats immédiats sur un processus. Le Festival Amani (tout en n’étant pas son porte-parole) est un moment de réjouissance où l’on chante et danse au nom de la paix. Je crois que des occasions comme celles-ci devraient exister car la recréation fait partie de la vie et de l’épanouissement de l’homme. Je partage la conviction selon laquelle la population de Goma ou de la région, si régulièrement exposée à des activités à caractère « pacifique », peut être conduite petit à petit à un changement de mentalité. Encore une fois, cela demande du temps : autant les guerres que nous avons connues ont pris du temps au point de nous troubler, autant les activités au nom de la paix prendront du temps pour que l’impact soit visible.Oui ce festival, et tant d’autres de ce genre, peut contribuer à l’avènement de la paix. Mes arguments sont discutables et je serai heureux de les discuter à fond sous un autre format.

Merci

Je dois avouer que c’est avec impatience que j’attends la troisième édition du festival Amani

« CHEZEYA MABADILIKO , IMBIYA AMANI »

 

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